Le débat sur la protection des mineurs sur internet relancé. Comme c’est le cas depuis décembre dernier en Australie, Emmanuel Macron souhaite interdire aux adolescents de moins de 15 ans l’accès à Instagram, Snapchat et TikTok. Une mesure de protection des jeunes « bienvenue », estime le psychiatre Serge Tisseron, spécialiste des réseaux sociaux, qui dénonce « la dangerosité de ces réseaux sociaux, leurs contenus parfois choquants et l’addiction provoquée par les algorithmes ». Serge Tisseron déplore néanmoins « qu’aucune mesure d’accompagnement de cette interdiction ne soit prévue par les ministères de l'Éducation et de la Santé », pour aider les jeunes « dans leur éducation numérique », et leur besoin également de « sociabilisation ».
Les jeunes exposés à de «réels dangers» sur les réseaux sociaux, selon le rapport de l'ANSES, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, publié ce 13 janvier. Cette étude exhaustive sur l'usage des réseaux sociaux par les adolescents met en avant plusieurs risques : altération du sommeil, dévalorisation de leur image, symptômes dépressifs, harcèlement en ligne...
Pendant cette période de leur vie, les adolescents sont particulièrement vulnérables aux troubles psychiatriques, sont attirés par la prise de risque et recherchent la reconnaissance des jeunes du même âge. L'Agence nationale de sécurité sanitaire en France. L'ANSES souligne un problème : le modèle économique même des réseaux sociaux est incompatible avec ces particularités biologiques.
Le manque de sommeil et la baisse de l'estime de soi, entraînent à termes des symptômes dépressifs. L'exposition accrue aux contenus violents, la normalisation des comportements à risque avec des défis dangereux pour la santé, pousse parfois au suicide.
Selon l'étude, ce sont les filles qui courent le plus de risques. Elles sont plus nombreuses à utiliser des réseaux sociaux qui placent l'image de soi au centre de l'algorithme, elles sont plus souvent cyberharcelées et plus sensibles à la pression des normes sociales.
L'imposant rapport scientifique publié ce mardi 13 janvier recommande notamment d'encadrer les interfaces manipulatrices et les fonctionnalités incitatrices, comme faire défiler à l'infini les contenus ou enchaîner des vidéos automatiquement. L'ANSES souhaiterait voir apparaître des outils d'autorégulation et des procédures de signalement, ou de blocage simplifiées. Et que soit réellement appliqués le règlement général sur la protection des données (RGPD) et le règlement sur les services numériques (DSA) : deux règlements européens qui encadrent les plateformes et leurs usagers.